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DOSSIER MICROWAVE RECORDINGS
On a toujours besoin de plus minimal que soi
par Philippe Petit
Ces derniers mois une dizaine de disque ont attiré
mon attention et réellement imposé la marque artistique
et ésthétique de Microwave
Recordings. Tous sont des CDR limités, et dont le packaging est
identique et seulement les noms des protagonistes changent... Un
concept crée par Frans De Waard qui officie aussi le jour pour
le label Hollandais Staalplaat, et la nuit dans divers projets sonores
dont
les plus connus furent Kapotte Muziek, et actuellement Goem. Décidément
très actif, notre homme sadonne aussi au journalisme et
édite une web-newsletter de référence pour tout
amateur de musiques décalées, éléctro...
Vital weekly (pour sy abonner :
vital@staalplaat.com).
Pour satisfaire votre immédiate curiosité, vous pourrez
lire danciens numéros sur le site suivant : http://www.earlabs.org
Le nom Microwave renvoie à un genre de musique Electronique très
précis, et il simposa à Frans De Waard alors quil
rédigeait ses
articles et saperçut quà chaque fois quil
parlait de groupes tels que Goem, Stillupsteypa, PanSonic, Oval, Ikeda,
ou dartistes issus
des labels Mego ou Touch son vocabulaire tournait court. Doù
le besoin de nommer le genre : «MICRO» car tous les changements
dans leur musique se font graduellement, microscopiquement mais surement.
«WAVE» parce que les créateurs empruntant autant
à la
house/techno, quau minimalisme, ambient et aux musiques Indus
sont légions. Une véritable armée de gens talentueux
et sérieux
reprenant diverses influences à leur compte et créant
une «vague», une approche différente, où textures
et changements sonores se
juxtaposent et forment des rythmes microscopiques mais indéniables...
cliquetis, cliquetas... tournicoti, tournicota...
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GOEM : lokatie
(Microwave Recordings/002)
Seconde sortie du label, cet excellent document live de Goem,
cultissime trio dont on retrouve les traces sur des labels tels
que Staalplaat, Mego, Noise MuseuM... Et diverses compilations
(dont le premier volume de notre série «Bip-Hop generation»).
Le groupe sest produit dans des galeries, des clubs rock,
ou des soirées Techno. Cest dailleurs dans
ces dernières quils ont été le moins
bien compris, ce qui semble on ne peut plus normal vu lintelligence
des successions rythmiques de leurs titres comparé à
labrutissante répétition des Hit Technoides
Là où la Techno endort, Goem réveille, fait
parfois peur, donne à réflechir.
This music is food for thoughts.
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SURGE : landslide
(Microwave Recordings/003)
Deux garçons anonymes samusant avec leurs jouets
obsolètes (Pensez donc un Korg Ms20, un quatre piste à
bandes, et quelques pédales deffet) passent en revue
les acquis hérités de leurs héros Oval, PanSonic,
Ikeda... Rajoutent divers samples qui trainent entre leurs oreilles...
Puis au moment du mix final, ils décident de retirer les
samples et ne laisser que lossature purement éléctronique
de leurs compositions. On est ici déroutés par une
succession étrange de rythmes pas synchronisés,
parfois Noisy puis appaisés, et jamais en règle...
Totalement bancal et surprenant, ce disque mystérieux est
truffé de trouvailles répétitives, qui nous
poussent à la limite de la folie. Une impression dêtre
perdu dans de dangereuses contrées, une forme de somnanbulisme
en appesanteur, un voyage dont je ne veux pas revenir.
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RICHARD CHARTIER :
post-fabricated (Microwave Recordings/004)
Peintre et compositeur ultra minimal R. Chartier sexprime
dans les sphères artistiques et il faut beaucoup dattention
et de volonté pour pénétrer son univers.
Réservé aux plus réceptifs, qui voudront
bien pousser le volume et l attention au maximum pour discérner
les subtilités de R. Chartier. Less is More... Parfois...
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va. TOOL (Microwave
Recordings/005)
Un disque vinyle, offrant un inédit de *Slo-Fi qui donne
envie dentendre son album, qui fut la première sortie
du label... Huit par Goem bien dans leur veine lancinante et torturée...
Trois de Surge qui confirment haut la main le haut niveau de leur
CDR... Et sept de Richard Chartier pour finir en souplesse. Disponible
en vinyle, pour ceux qui diraient que les Cdr ne sont pas de vrais
disques et quun label qui sort des CDR nest pas authentique...
Microwave édite ses disques sous ce format afin de mettre
un pied de nez au commerce, et ainsi, à linstar des
labels K7 de nos vertes années, il se permet de découvrir
des artistes de talent bien plus interessants que bon nombre qui
innondent le marché du disque... Il faut soutenir de telles
démarches, et voici une essentielle compilation vous laurez
compris.
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DISCMEN : part
human part simpson (Microwave Recordings / 007)
Lhomme dans son eternelle recherche de la facilité
et de la perfection a crée la machine et tous ses codes
: avance rapide, pause, lecture, contraste... Discmen (groupe
Portuguais qui avait déja surpris lors dun premier
jet sur le label Ananana) recherche les sons imparfaits, issus
des dysfonctionnements de lecteurs CD et donc crèe une
musique aussi improvisée que peuvent le permettre leurs
lecteurs. Crée pour apporter le confort découte
à lauditeur, cest un objet passif déstiné
à donner une haute-fidélité. Discmen lutilise
sans ménagement, la force à stopper, reprendre,
la manipule en tous sens et crèe ainsi une musique hasardeuse,
qui repose sur le hasard, ou mieux encore : «musique de
haute infidèlité». Le chef dorchestre
est la machine, Discmen ne sont pas musiciens mais des auditeurs
qui enregistrent les erreurs de leurs instruments... En une seule
prise. La musique est donc naturelle, sans effet, et le résultat
vraiment surprenant et rythmé. Les titres sont brefs et
concis, 25 en un peu plus dune demi-heure, car le groupe
na pas besoin de répeter pour faire passer son art.
Sans artifices, brut et mouvementé, détonnant, énervant,
horripilant... Qui rendra vos voisins fous.
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V.A.: MICROWAVE - A MANUAL (Microwave
Recordings / 010)
Lambition du label est déditer une compilation
tous les cinq disques afin de faire découvrir de jeunes
talents et surtout brouiller les pistes de la musique étiquettée
«Microwave» qui deviendrait sans interêt si
elle était prévisible... Théorie qui se tient
mais rend cette collection vraiment ardue et réservée
aux spécialistes, ceux qui sont immergés dans la
culture minimaliste, les sons microscopiques, conjuguaisons de
fréquences, crescendos ou de-crescendos, bruitisme, silence...
Les férus de gymnastique qui adoreront se lever à
chaque instant pour monter ou rabaisser le son... Non, là
je plaisante à moitié, et il y a notamment un passage
danthologie qui voit lambience se répeter à
la limite de linsoutenable avec Tarlose, puis monter pour
Surge, devenir éclatante grâce à Brian Lavelle,
et
tourner à lapocalypse au rythme post-Indus de Massimo
dans son morceau le plus intransigeant à ce jour. Attention
aux séquelles et vivement conseillé aux musicalement
masochistes ! Plus dune heure de découverte, dépaysement,
avec de bonnes surprises comme Cancerman, Radboud Men, Monotonos,
Freiland, Petra Klusmeyer, et le fort prolifique Kim Cascone décidément
sur tous les fronts... Nécéssaire pour les complétistes.
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MASSIMO : s/t
(Microwave Recordings/011)
http://www.massimilianosapienza.webjump.com
Massimiliano Sapienza, que vous avez pu entendre sur le premier
volume de notre série «Bip-Hop generation» nous
a fait découvrir Microwave, sur lequel sortit son premier
album. Sa musique frappe par lintensité quelle
dégage, trébuchant daspérités
digitales en labyrinthes microtoniques, ce jeune homme impose une
oeuvre minimale forte et personnelle, qui pourrait se situer à
la croisée des chemins empruntés par lAutrichien
Pita et lAllemand Noto... Depuis, il a donné un second
opus à Mego, celui-ci plus mouvementé... Et se profile
une nouvelle oeuvre à paraître chez Staalplaat que
linteressé nous décrit comme «son travail
le plus abouti et le plus rythmé». A surveiller de
près... |
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BRIAN LAVELLE :
fault/r (Microwave Recordings / 014)
Ce jeune Anglais oeuvre dans la recherche sonore depuis le début
des années quatre-vingt dix, enregistrant inlassablement
ses révisions et transformations de documents existant.
Il collabore également à divers projets, comme Inversion
et son alter-ego plus techNOh Novia, ou encore Mirror Of Korea
et une collaboration avec Frans De Waard... Le surproductif Brian
Lavelle vient aussi de monter son propre label : Ethernity. Un
garçon occuppé.
Son album dégage un climat étrange, une atmosphère
oppressante, voire malsaine... Entendez lultime plage «Fane»
qui ressemble fort à une incantation démoniaque...
Tout au long se juxtaposent des couches de sons qui crèent
un paysage sombre, un univers très personnel et finalement
attachant. «Fault/r» est un autre de mes disques favoris
du label, qui donne limpression que les notes qui le composent
sont parfois jouées sur «la pointe des mains»,
que les rythmes sont sussurés sans fin dans le creux de
loreille... nous mettant mal à laise ou en
tout cas entre deux, un peu comme si nous étions inexorablement
entraînés vers une destination incertaine.
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Vraiment Microwave est un label de qualité,
qui malgré quil ne fasse que des CDR mérite largement
dêtre soutenu. Peu de label ont
aligné autant dartistes de talent et ceci est certainement
dû au fait que lopération est menée de main
de maître par un homme
dexperience, de bon goût et honnête.
Rencontrez-le au travers de ses choix, vous ne le regretterez pas.
European Distributon: <mailorder@staalplaat.com>
US Distribution: <mailorder@soleilmoon.com>

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